#JeSuisPrécaire (Français)

Je suis venu en France grâce au gouvernement Français. Oui,bien sur, j’ai dû y mettre de ma part aussi mais du côté financier c’est eux financièrement qui ont fait cette aventure réalité. J’ai reçu une bourse, oui, elle est d’excellence mais elle me paye toutes mes études et ça c’est génial.
Je suis venu sans savoir à quoi m’attendre, sachant que ce serait une aventure.
Beaucoup de personnes au Pérou pensent que si on part du pays pour étudies c’est super car en retournant on trouvera du travail car tristement les universités à l’étranger sont survalorisés.
C’est très vrai que beaucoup des universités dans le top des classements mondiaux sont des universités de l’étranger. Mais je vais vous raconter ici un peu de la situation de l’université Française.IMG_8612
Premièrement, il est possible de rentrer a l’université Publique très facilement. Si quelqu’un veut quelque chose de plus « prestigieux » il ira vers les « prépas », les grandes écoles, des écoles spécialisés… À noter que l’université n’est pas mauvaise ni la moins prisé, mais puisqu’elle est presque gratuite – on ne paye que l’inscription – il y a beaucoup de personnes, qui au cours de route laissent les bancs de la fac et en plus avec tellement de gens il n’y a pas un suivi de chaque élève rigoureux.

L’université est « en crise ». La vérité est que l’université dans laquelle je suis (Université Lumière – Lyon 2) est entrain de se précariser.
Logo Lyon 2Je vais vous parler de ma situation particulière dans le département d’Anthropologie, Sociologie et Sciences Politiques.
Avant, le budget auquel ils avaient accès était de 200 000 € ou 210 000 € l’année. Maintenant le gouvernement a réduit cette somme de 64 000 euros, c’est à dire plus d’un quart de ce qu’ils avaient n’est plus a leur disposition.
Le gouvernement Français a diminué son financement aux études supérieures. Ils ont crée la loi d’autonomie aux universités qui permet une autogestion. Le problème est que par exemple les professeurs doivent être payés en considérant le nombre d’années enseignés a l’université et avec cette réduction l’université n’est plus en mesure de le faire.
De plus avec le système d’austérité prôné on s’attend a plus de réductions encore. Les budgets pour les études supérieures censés à être annoncés en décembre (le mois dernier) ont été repoussés en janvier et il y a quelques jours on a annoncé que leur annonce serait en février.
En plus de cette impatience de savoir si il y aura plus de baisses dans le budget, nous savons déjà que de l’argent destiné aux études supérieures ira dans le privé. En effet le Secrétaire d’État a annoncé le 4 juin 2014 qu’entre 2015 et 2017 le gouvernement allait réduire de 6 milliards d’euros l’argent dédié aux études supérieures en France.
Cet argent va aller au crédit impôt recherche. Ceci veut dire que l’argent ira dans le privé pour des recherches. Tristement l’argent n’est pas entrain d’être utilisé de la manière correcte dans certains cas, et c’est une décision politique celle de changer le destin de cet argent.
On a calculé qu’avec 3% de cet argent on pourrait financer un grand nombre des enseignants nécessaires à l’université, mais on ne le fait pas.

Bon, plein de chiffres, mais quelles conséquences pour les étudiants ? Pour les enseignants ? Et concrètement qu’est ce qui est entrain de se passer ?
L’université se vois « contrainte » de faire appel a des « vacataires ». Ce sont des étudiants en Master qui sont chargés de donner des cours de TD (petites : de 40 étudiants!).
La réalité est qu’à la fin du premier semestre de cours ils n’ont toujours pas été payés. Oui, 60% des cours de l’université sont donnés par eux et ils ne sont toujours pas payer. Il y a 15 professeurs pour 650 élèves donc sans argent pour payer quelqu’un qui a fini ses études, on décide de chercher de forme précaire des étudiants en Master 2. Mais le plus grand souci est qu’on ne les à même pas sous contrat. C’est comme un personnel fantôme qui n’existe pas sur papier, sans contrat de travail … ils ne sont pas payés.

Et quelles sont les raisons de ce manque de paye ? Parfois on prend des raisons individuelles. Par exemple on reproche aux vacataires de ne pas avoir payé leur inscription au Master ((qui s’élève environ a 500 euros). Mais sans revenu ils s’endettent au près d’amis et famille pour pourvoir payer et ainsi avoir droit a percevoir leur revenu. De plus il n’est même pas possible administrativement de payer avant la date d’entré en cours. En effet les cours en licence commencent en septembre mais le payement pour le Master ne peut se faire qu’a partir d’octobre. Si ceci était le seul problème on pourrait peut être vivre avec. Mais ça fait déjà 5 mois qu’ils travaillent sans paye. D’autres raisons émergent comme le manque de certains papiers. Mais en réalité on ne fait qu’attendre ces personnes sans fondement. Ce sont 63 contrats en attente ! Et on parle ici que du domaine de politiques et sociales.

Le problème devient d’autant plus compliqué car ce ne sont pas que les enseignants qui travaillent en situation précaire. C’est aussi l’administration. Pour avoir une idée imaginez que dans toute la FASSP pour les 1res et 2emes années il n’y a qu’une secrétaire qui ne travaille pas a temps plein. Le personnel administratif n’est donc que de 1 pour 900 personnes !
Pire encore, même si cette personne a un contrat, celui ci est un CDD de 10 mois. Comme ça l’université ne doit pas payer les vacances de cet individu. Et probablement l’an suivant on fera un autre contrat de 10 mois.
Souvent, les élèves trouvent le secrétariat fermé mais ceci n’est pas parce que la secrétaire prend une pause, c’est plutôt qu’avec tellement de mouvement, demandes… l’administration a besoin de s’isoler pour rendre a temps ce que l’université exige.

Campus porte des AlpesEt les conditions de travail ne sont pas les meilleures non plus. Avec 4 élèves par cours il n’y a même parfois pas suffisamment de chaises ! Il n’y a pas non plus d’argent pour offrir les photocopies des textes obligatoires aux élèves, où les syllabus.
Dans les amphis de 200-300 personnes le micro marche souvent pas.

Petite Parenthèse : ceci est pire encore dans le domaine d’arts du spectacle. Ils ont encore plus de problèmes techniques.
Le 15 septembre 2014 ils se sont retrouvés sans aucun revenu. A Lyon 2 cette branche est la seule université de France a ne pas avoir de salle de répétition. Mais ce n’est pas la seule université de France avec des problèmes.
Ils n’avaient pas non plus d’ordinateurs. Et pour se débarrasser du problème l’université a juste enlevé cet équipement au département du dessous et n’a pas vraiment cherché une solution au problème.
On a demandé aussi aux arts et spectacles de diminuer le nombre de parcours offerts en passant de 100 à 15 en 2 ans. Mais la décision sur quelles formations faire disparaître doit être prise dans moins d’un mois (on a notifié le 13 décembre et la réponse doit être donné dans 1 semaine )
Les directeurs d’arts du spectacle se sont plaint et on leur a répondu que ce serait dramatique si ils participaient a la faillite de l’université. On a même parlé de mettre l’université en tutelle «  a cause de ces plaintes ».
Mais comme l’a dit un vacataire qui a parlé dans une réunion d’information hier : « on a montré qu’on existait et qu’on ne se laisserai pas faire ».

Comme plein d’autres disciplines (elles sont au nombre de 11 dans le collectif qui combat ce problème) on leur dit d’aller chercher du financement privé. Il existe par exemple la taxe d’apprentissage. Cette taxe s’assure que les entreprises privés aident l’apprentissage. Elles peuvent payer cette taxe a un fond commun (dont la destination est souvent inconnue) ou l’envoyer directement a une université ou discipline particulière. Ceci a été possible dans le cas des arts de scène à Lyon 2 mais ça devient plus difficile dans le cas de la politique par exemple.

Retournons voir le cas des vacataires et je veux énoncer clairement certains des problèmes vécus à Lyon 2 :

  • Ils sont perçus par certaines autorités (comme le secrétaire général de l’Université : Jean Luc Maillot) comme des « gauchaux » qui n’aident pas l’université.

  • Ils n’ont pas de revenu. Mais même si on leur payait en temps et en heure ils ne percevraient que l’argent pour les heures de cours. On ne prends pas en compte les heures de préparations, réponse aux mails, réunions…autumn

  • Si ceci vous paraît peut, leur paye est de 30€ l’heure nets. Quand on pense a tout le temps de préparation le salaire ne revient qu’à 4 € de l’heure qui n’est même pas le SMIC (de 9,61€ l’heure) !Transporte

  • Le campus universitaire est a Bron (aux alentours de Lyon) et le moyen de transport et le Tram ou le Bus (voiture ou vélo sont aussi possibles si on en dispose). Le prix du transport n’est donc même pas couvert a moitié par l’université. Et pire encore avec 4 cours par semaine les chargés de TD se retrouvent souvent avec 4 jours de cours même si c’est seulement 2 heures chacun. Le cout du transport augmente et le temps de mobilisation aussi.

  • Les horaires sont communiqués tardivement et souvent, par manque de budget des cours se fusionnent. Une des vacataires raconte que quelques jours avant la date prévue de son cours on l’a notifié en lui disant que ce TD était annulé. Avec 4 cours prévus, c’est ¼ de son revenu qui lui a été enlevé (et encore là on ne lui paye pas).

  • L’université ne donne pas encore de contrat donc ne peut pas payer. Mais un autre problème qui se pose est celui de la sécurité sociale, pas possible sans contrat. Donc il est demandé souvent aux étudiants en Master 2 d’avoir un revenu à côté pour que l’université n’ai pas a payer cette sécurité.

  • Une chose encore, on demande même parfois aux vacataires de donner des cours de 200-400 personnes. La loi stipule que seuls des doctorants peuvent prendre en charge ces cours pas des vacataires. L’université mettra donc sur papier que c’est un TD qui est enseigné alors que c’est des CM (Cours magistraux) de 10 fois plus de personnes !

Ceci est devenu insupportable. Même après les marches, les reproches, les mouvements, l’université dit que le problème vient de plus haut et il n’y a rien qu’ils puissent faire. Ceci est vrai en partie mais pas totalement.

Avant les examens de fin de semestre les vacataires ont décidé de la rétention de notes. C’est a dire qu’elles ne seraient pas communiqués a l’administration. Donc l’université ne pourra pas transmettre ces notes aux élèves.
Mais ceci n’a pas amélioré la situation précaire des vacataires.
Hier dans la réunion d’information (donné en heures de cours pour s’assures que la majorité des élèves soit là) on nous a informé que les vacataires utiliseraient la dernière arme possible : la grève.
Donc depuis lundi ces enseignants (ce ne sont pas tous) ne donneront plus cours.lyon-II

Moi, péruvienne venu étudier en France, leur remercie. Parce que pendant un semestre entier j’ai pu apprendre d’eux même si ils n’étaient pas payés.

Un professeur de mon premier semestre nous a dit que si il ne donnait pas de cours et faisait grève (face a l’université) il trouverait quand même le moyen de faire le cours en dehors des lieux conventionnels pour ne pas pénaliser les élèves.
Et ce semestre l’un de mes enseignants vacataires a dit que si nécessaire les cours se donneraient par Skype pour encore une fois, ne pas nous pénaliser.

Je suis du côté des vacataires, ces êtres humains veulent partager leurs connaissances et tristement ils doivent en venir a ces mesures plus drastiques.

Si vous voulez en savoir plus (j’ai essayé de résumer et regardez combien j’ai écrit!) vous pouvez aller a rebellyon.info ou mobprecvaclyon2.wordpress.com …

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