Quand le bus n’arrive jamais

Les bus sur la colline ne roulent pas aujourd’hui. Je sors de chez moi à 9:00. J’ai une heure pour arriver à ma destination. Largement le temps pour marcher sous le soleil, dans ces frais 16° et même prendre des photos. Presque personne dans la route sinueuse à côté des voitures. Pour la plus part des gens il est tôt pour un dimanche matin et les peux qui s’aventurent en dehors de chez eux prennent leurs voitures pour descendre la colline. Je retrouve cependant une fille avec des pantalons Adidas, des écouteurs avec de la musique à grand volume … Elle attend le bus qui n’arrivera jamais. IMG_1792

Je lui demande si elle attend le bus et elle me dit: “oui, celui qui passe à 9h21 non?” … Il est déjà 9h27 sur ma montre. Je lui signale donc le grand panneau jaune qui dit “arrêt non desservi“.
“Je ne pense pas qu’il va passer” lui dis je et elle répond: “vous allez vers où?”. Je lui dis que je descends en IMG_1799marchant vers Perrache (à 15 minutes à pied) et elle me demande si elle peut me joindre. “Merci, madame” sont ses paroles avant quelques minutes de silence côte à côte.

Je lui demande si elle est nouvelle à Lyon à ce qu’elle répond que ça fait 2 ans qu’elle est là mais elle prend presque pas le bus.
Elle s’appelle Albina et elle est Albanaise. Elle est parti de son pays après des problèmes familiaux quand elle avait à peine 13 ans. Sa sœur en avait 15 et ensemble avec l’aide d’un oncle elles ont pris 4 jours pour arriver à Lyon.
C’est en cachette, en traffic, avec la peur d’être retrouvées par la police qu’elles sont parvenus dans l’hexagone.

Elle habite maintenant dans un foyer et fait des études en seconde. Elle ne peut pas retourner chez elle car c’est une mineure sans protection parentale et de toutes façons elle veut rester à Lyon. Elle trouve beaucoup mieux que Paris (où elle a vécu 1 mois) et c’est là où elle a vraiment commencé sa vie. Une vie pleine de sport, de musculation, de courses (les samedis vers Guillotierre), de foot (c’est là où elle va d’ailleurs, une journée de sport féminin). Une vie dans une ville aussi grande que son pays d’origine. IMG_1718

Je me demande ce qu’elle pense en me racontant tout ça. Le français est devenu la langue du jour à jour parmi tellement d’autres qu’elle parle avec fluidité. Bien sûr l’albanais fait partie de cette liste mais il y a aussi l’anglais et l’espagnol. Elle a même appris le turc en regardant des séries. L’allemand fait aussi partie de ces langues puisqu’elle elle est née en Allemagne suite à la fuite de ses parents du Kosovo quand la guerre à éclaté. Ils n’ont pas pu rester puisque leur 1ère fille était au Kosovo mais le père d’Albina a continué de lui parler en Allemand même si de petite elle n’aimait pas cette langue.
Cette fille vraiment poliglotte n’a pas l’air cicatrisé par toutes ces expériences mais je suis sûre qu’elle pense à ses parents maintenant au Kosovo et que cette expérience de vie marquera ses pas à venir.

On se quitte à la gare, je continuerai de marcher, elle prendra le bus… Ou peut être pas… Avant qu’elle disparaisse de vue je la vois courir, le bus pars, il ne l’attend pas…

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